Petit Poucet – Charles Perrault et Hassan Amekan

0-6 ans Balivernes Maison d'édition

Album jeunesse inspiré du célèbre conte de Charles Perrault, illustré par l’excellent Hassan Amekan. Publié aux éditions Balivernes le 08 mars 2016.

Un immense merci aux éditions Balivernes pour cette magnifique redécouverte.

admin-ajax-26Résumé

« Un bûcheron et une bûcheronne avaient sept fils. Ils étaient fort pauvres. L’aîné n’ayant que dix ans, aucun de leurs enfants ne pouvait gagner de l’argent. Le plus jeune était très petit. A la naissance, il n’était guère plus gros qu’un pouce, ce qui fit qu’on l’appela le petit Poucet.
L’histoire du Petit Poucet n’a rien de mystérieux pour les plus grands : l’abandon dans la forêt par les parents, le chemin parsemés de petits cailloux blancs, le retour des sept frères, et de nouveau, l’abandon par les parents avec le petit Poucet qui sème cette fois-ci des miettes de pain qui seront mangées par les oiseaux, la confrontation avec l’Ogre qui dévorera ses filles par erreur et poursuivra petit Poucet et ses frères avec les bottes de sept lieues… »

Mon avis

Comme beaucoup, les contes de Perrault ont bercé toute mon enfance et c’est toujours un véritable plaisir de constater que ces textes sont toujours exploités et remis au goût du jour. J’aime beaucoup les réécritures de contes qu’elles soient pour enfants, adolescents ou adultes, c’est une mine de richesse incroyable de part les thèmes abordés et grâce à la morale qui y est presque toujours présente. Cet album n’échappe pas à la règle, j’ai vraiment eu un petit coup de foudre pour les illustrations originales.

Dans ce conte traditionnel plusieurs thèmes sont abordés, non seulement comme le souligne les éditions Balivernes : la Combativité, la Fratrie, la Ruse et la Pauvreté, mais aussi un thème d’une plus grande envergure : la violence dans la société. Les passages choisis pour réaliser cet album mettent en effet l’accent sur ce qu’il y a de moins pire si on le compare au conte originel mais la violence n’en reste pas moins présente tout au long du texte. D’abord, l’abandon des enfants. Charles Perrault s’intéressait beaucoup à cette notion de « Compromis », c’est ce que le texte met en avant, la violence est parfois obligatoire voire nécessaire si on a pas le choix. Ici les parents abandonnent leurs enfants parce qu’ils meurent de faim, leur acte n’est pas condamné et cette situation apparaît normale. Charles Perrault excusait ce type de violence et nous dévoilait par bribes la douleur des parents pour avoir fait ce choix. Même chose dans cet album, les scènes les plus atroces ne sont pas diabolisés. Seul l’acte de cannibalisme dans ce texte était condamné par Perrault tout comme c’est le cas ici, cependant, l’ogre et sa femme ne meurent pas pour autant à la fin.

La notion de fratrie est en effet importante mais reste narcissique, pour sauver leur peau, les frères n’hésitent pas à sacrifier les sept filles de l’ogre à leur place. Je pense que Charles Perrault voulait montrer aux jeunes lecteurs que parfois la violence existe dans la société et qu’il faut l’accepter. Les passages les plus sombres n’apparaissent pas ici mais on a suffisamment de matière pour aborder ce sujet avec les plus petits. Les enfants comprennent alors que des vilaines choses se passent, qu’eux aussi ils pourront être déçus ou tristes à cause de quelque chose mais que c’est un fait qui arrive à tout le monde. Bien évidemment, je parle de petits malheurs du quotidien et non du cannibalisme ou de la mort ! Mais ce sont des images fortes, les plus petits n’ont pas cette notion de vérité comme nous les adultes mais je pense qu’ils arrivent aisément à comparer leurs petits tracas avec ceux du Petit Poucet. Dans l’album, les malheurs des enfants sont banalisés, tout comme dans la vie des jeunes enfants, on ne fait pas de cas de la perte d’un doudou ou d’un monstre apparemment caché sous le lit 😉

Les illustrations passent très bien ce message, tantôt gaies et de couleurs très vives pour montrer qu’il ne faut pas trop s’inquiéter, tantôt mettant l’accent sur la tête de l’ogre en gros plan avec ses dents pointues ! Les origines iraniennes de l’illustrateur se ressentent également ici, les personnages sont un peu orientalisés, ce qui n’est pas le cas du décors. J’ai beaucoup apprécié ce mélange des genres et l’originalité que cela représente en comparaison des autres albums jeunesse abordant ce conte. Celui-ci se différencie vraiment et je le recommande vivement aux parents et aux enfants ! C’est un très bel objet littéraire et je suis ravie de le compter sur mes étagères 🙂

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Hassan Amekan

Hassan Amekan

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