Samedi 14 novembre – Vincent Villeminot

12 ans et + Maison d'édition Sarbacane

Ecrit par l’auteur français Vincent Villeminot. Publié aux éditions Sarbacane le 02 novembre 2016

Un immense merci aux éditions Sarbacane pour leur confiance.

samedi-14-novembre

Résumé

« Vendredi, 13 novembre 2015. B. était à la terrasse d’un café, quand les terroristes ont tiré. Son frère est mort, lui s’en sort indemne.

Il quitte l’hôpital au matin, monte dans le métro. Son regard croise celui d’un passager.

Il reconnaît le visage de l’un des tueurs et décide de le suivre. »

Mon avis

« Samedi 14 novembre » est un récit à partir de 13 ans qui retrace la journée de B. au lendemain des terribles attentats du 13 novembre à Paris.

B. est un jeune homme sur le point de fêter son vingtième anniversaire. Pour l’occasion et parce que son jeune frère de dix-huit ans part le lendemain pour trois mois à Londres, ils décident d’aller boire un verre en terrasse. C’est alors qu’arrive une voiture, trois passagers. Deux d’entre eux tirent sur tout le monde. Et le frère de B. succombe aux balles.

Le lendemain, après avoir passé plusieurs heures aux urgences pour faire soigner ses légères blessures : balle qui a frôlé le biceps et plaies aux paumes des mains, B. sort sans un mot. Il est 6h30 et il erre sans but. Il est perdu, ne veut pas parler si a sa famille ni à sa petit-amie. Son frère est mort, lui est vivant et il ne comprend pas pourquoi, il ne comprend pas ce qu’il s’est passé. Il voit les gens continuer de vivre et se demande comment ils font. C’est alors que dans le métro, il le reconnaît.

Lui, le troisième passager de la voiture, celui qui l’a regardé et qu’il a devant ses yeux à présent. Il a envie de vomir, d’appeler la police, ce « fils de pute » est là et prend le métro comme lui. Comme si cette nuit il ne s’était rien passé. B. décide de le suivre. A distance. Jusqu’au moment il ne tient plus. L »Arabe« , le « terroriste » se planque chez une femme. B. prend alors la folle décision d’aller régler ses comptes avec lui. En dépit de tout, même de sa propre vie.

J’ai énormément apprécié ma lecture. C’est évidemment et malheureusement d’actualité et intéressant car le récit s’adresse ici à des jeunes dès 13 ans. Il est important de traiter ces événements là avec les plus jeunes et les plus influençables. Les enfants ont besoin de mots pour comprendre leur monde et un roman est un bon format pour expliquer une situation qui dépasse l’entendement.

Les personnages ont une psychologie très bien développée et très bien travaillée. L’auteur touche les émotions du bout de sa plume et nous les explose à la figure. L’écriture est fluide mais incisive. Nous sommes dans la tête d’un jeune homme déboussolé qui a vécu une situation dangereuse et traumatisante. Il réagit par instinct de vengeance et seul. Il veut comprendre et honorer la mémoire son défunt frère. Pour se faire, il n’hésite pas à transgresser la loi, à faire justice lui-même. Ce comportement va lui faire frôler la folie. Dans cet appartement il se muni d’une arme et prend en otage ce terroriste et sa sœur, Layla. Beaucoup de choses lui passeront par la tête, des événements que je dévoilerais pas, il faut absolument les découvrir soi-même !

Le récit est découpé comme une pièce de théâtre avec plusieurs actes et des entractes. Si les actes donnent la parole à B. mais également à Layla, la soeur du « tueur« , les entractes donnent vie aux témoins et aux victimes. De courtes saynètes qui nous font comprendre cette soirée. Layla a une grande importance dans ce roman, car l’auteur n’a pas souhaité donner la parole au « tueur« . Il la donne à sa sœur et avec B. ils essaient de comprendre le fossé qui les sépare.

« Ce « nous », c’est tout ce qui m’importait, à l’heure où j’ai
commencé ce livre. Et plus encore aujourd’hui, six mois après,
alors que je le finis. Puisque la fiction devait me permettre de
savoir si un « nous » pouvait exister encore, j’ai décidé de les
mettre face à face.
B. et l’Arabe. La victime et le tueur. Avec tous les autres en
témoins, en choeur – dans les entractes.
Confrontation impossible de deux paroles, deux logiques, deux
existences. Et puis… Et puis, en chemin, je me suis rendu compte
que je n’avais pas envie d’entendre sa parole, au tueur. Que nous
n’avions rien à nous dire. Pas d’avenir commun.
En revanche, ce « nous », source de mon inquiétude et de mes
doutes, a fait naître le personnage de Layla. »

Vincent Villeminot, mai 2016

La raison qui me fait frôler le coup de cœur est qu’à mon avis, certains passages du livre ne sont pas adaptés à des enfants de moins de quinze ans. Les pensées de B. sont parfois salaces, ses actes vont loin et sa façon d’appeler le terroriste l »Arabe » m’a un peu gêné. Cela est évidemment mon ressenti personnel qui n’engage que moi. Je pense que tout est bien pensé et que la réaction du protagoniste est très bien représentative de la réalité. J’imagine que si certains avaient pu faire justice eux-même ils l’auraient fait. Néanmoins, cette façon que B. a de frôler la folie et les actes tendancieux, m’a gêné pour un roman qui s’inscrit dans une catégorie « à partie de 13 ans ».

Ce récit reste une excellente lecture et une magnifique découverte. Je le recommanderais sans hésiter à certains adolescents, les plus matures, ainsi qu’aux parents.

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