Stolen – Pascale Perrier

6-12 ans Actes Sud Junior Chronique Maison d'édition

Ecrit par l’autrice Pascale Perrier. Publié aux éditions Actes Sud Junior le 03 octobre 2018.

Un grand merci à la maison d’édition pour sa confiance.

Résumé

« En Australie, jusque dans les années 1970, des enfants aborigènes ont été retirés à leur famille pour être confiés à des Blancs. Joshua, quinze ans, est l’un d’eux. Métis, il a grandi, parfaitement assimilé, dans l’ignorance de ses racines. Son univers est bouleversé le jour où surgit Ruby, sa soeur de sang, qui, elle, a subi la brutalité des foyers. « Abo », il est, et cette révélation est comme une claque, un ouragan. Mais a-t-il envie de connaître sa « vraie » famille, ses origines ? Prisonnier des préjugés accolés à la minorité (pauvreté, violence, alcool), Joshua se lance cependant dans une quête de vérité qui l’emmènera dans l’Outback et sa terre rouge. Un roman poignant basé sur le destin des Stolen generation, renvoyant au sort actuel des autochtones d’Australie. »


Mon avis

Un contexte historique réel

Les Stolen Generation ou Générations Volées, vous connaissez ? Ce ne sont pas moins de 200 000 enfants aborigène, enlevés de force à leur par le gouvernement Australien entre 1869 et 1969. Ils étaient alors confiés à des orphelinats ou des missions chrétiennes afin de leur offrir une « éducation ». De façon ironique, Auber Octavius Neville, qui défendit la cause aborigène de 1915 à 1970, proclama : « Éliminons les Aborigènes pur-sang et permettons la mixture des métis parmi les Blancs, et peu à peu la race deviendra blanche ». Le gouvernement Australien n’a proclamé des excuses publiques contre cet acte qualifié de génocide par certains, que le 13 février 2008.

Papunya, Territoires du Nord, Australie

Voilà le contexte où évoluent nos protagoniste. Joshua, 15 ans, jeune métis adopté lorsqu’il était très jeune, par une famille blanche, apprend sa véritable identité et ses véritables origines. Ruby, une sœur qu’il n’a jamais vu, déboule dans sa vie comme un ouragan et fait voler en éclat toutes ses certitudes. Grâce à elle, ou à cause d’elle, au début il ne sait pas trop, il va apprendre de terribles vérités et remettre en cause qui il est. Ensemble ils vont rencontrer William, un autre membre de leur famille, et se rappeler. Se rappeler des sombres années au foyer pour Ruby, où la violence était devenu le quotidien, se rappeler la mission chrétienne pour William, où il a subi violences physiques et morales et se rappeler sa chance, pour Joshua, d’avoir été placé dans une famille aimante.

L’outback et une remise en question brutale

Ensemble et soudés par leur passé, ils vont aller à la rencontre de leurs origines, à travers l’outback, ils vont comprendre quel est leur véritable patrimoine et quelle est la juste cause à défendre.

Alice Springs, Territoires du Nord, Australie

Beaucoup de remises en question pour ces trois enfants malmenés par la vie. Du chamboulement également pour les adultes qui gravitent autour d’eux : les parents adoptifs de Joshua, sa petite amie et le père de celle-ci.

J’ai beaucoup apprécié ce thème, peu développé dans la littérature jeunesse, qui permet une bonne dose de réflexion sur nos origines et notre patrimoine culturel quel qu’il soit. Joshua découvre l’art aborigène, l’unique façon pour les aborigènes d’exister au yeux du monde. Propulsé grâce au dévouement de l’instituteur Geoffrey Robert Bardon qui donna de la couleur aux murs de l’école de Papunya

Geoffrey Robert Bardon, 1971. « Mural Ant », école de Papunya

Une belle découverte

Ce récit fut une jolie découverte. Mon seul petit bémol est que je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages comme je l’aurais voulu. Leurs traits de caractère sont parfois un peu exagérés. Il m’a manqué un peu de poésie pour être touché. Cela en fait un roman brut, qui correspond bien à l’ambiance et au thème, mais que je n’ai pas vécu comme un roman poignant.

Je le conseille néanmoins à chacun d’entre vous car la sensibilité est propre à chacun, je ne doute pas que nombre de lecteurs seront profondément meurtris et émus face au destin de ces Stolen Generation.

A lire aussi, en littérature adulte : Wanda de Madeleine Berthaud-Mansiet

Ma chronique Wonderbook

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